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MORMONISME | TOUT SAVOIR
SCENARIO AU-DELA du TUNNEL
8/4/2009
SCENARIO AU-DELA du TUNNEL NOUVEAU LIVRE

PRESENTATION Au-delà du tunnel C’est l’histoire de Xavier, un être possessif, jaloux,calculateur, avare, lâche,égocentrique, sans ambition, hypocrite, menteur, méchant … Agnès sa femme estjolie, gentille et intelligente. On se demande comment, elle peut rester aveclui. Personne ne l’aurait voulu pour ami et il n’a aucun ami ; aucun père pour fils, même pas son proprepère ; aucune mère, sauf la sienne qui l’idolâtre aveuglément. Une seulefois dans sa vie, sur son fils, elle ne se trompera pas ; le jour où elle diralors d’un repas familial : « Vous verrez, bientôt mon Xavier vous montrera ce dont il estcapable ! » Xavier aura un accident de moto,déclaré mort, il reviendra à la vie après avoir vécu une extraordinaireexpérience aux frontières de la mort. Après son retour sur terre, il montreraeffectivement ce dont il était capable. Il révélera ce qu’il y avait au fond delui-même ; en définitive, si nous cherchons bien, ce que nous avons tous…
EXTRAIT *** AU-DELA DU TUNNEL ACTE I : Avant la EFM (Expérience auxfrontières de la mort)01_ INT – JOUR- TUNNEL / COMPARTIMENT TRAIN – Ecran noir. Bruit du train roulant à grande vitesse ettraversant un tunnel. Au bout du tunnel, apparaît une arcade de lumière. Au furet à mesure, la lumière grandit. Le tunnel est passé. Compartiment entieroccupé par un couple : Xavier et Agnès. Un journal à terre. Il esteffrayé, tassé dans son siège. Elle tient un magazine dont la première pagereprésente un embryon de quelques mois dans le ventre de la mère. Elle regardeson mari, d’un air perplexe. De la fenêtre défilent des paysages majestueux dehaute montagne. Agnès Je ne comprendrai jamais qu’à ton âge,traverser un tunnel, t’effraie à ce point ! Xavier (se reprenant) Je sais ! Mais c’est commeça ! J’y peux rien ! Si tu crois que ça m’amuse ?! Agnès J’ai peut-être l’explication !…Tu étais si bien dans le ventre de ta mère que tu es sorti à neuf mois et demi…C’est bien ça ? Xavier Ouais ! Et alors !? Agnès Regarde ! Agnès pointe du doigt l’image de la photoreprésentant le bébé dans le ventre de la mère. Xavier Tu vas pas remettre ça ! Je t’aidéjà dit ! NON ! Agnès Attends !… Ecoute pour unefois ! Agnès … Tu vois le bébé est immergé dans leplacenta. C’est comme de l’eau. Pour naître le bébé doit sortir de l’eau, fairetout ce trajet …c’est comme un tunnel noir. Xavier Je sais tout ça figure-toi ! Etalors ? Agnès Et alors ? Réfléchis, toi qui essi intelligent ! Xavier Réfléchis !? Tu en as debonnes ! … Allez, sors-la ton explication à la mors-moi le nœud ! Jemeurs d’envie de l’entendre ! Agnès C’est bien simple. Pour le nouveau-né,le passage dans l’utérus est comme celui d’un tunnel. Pour toi ça était plustraumatisant que la moyenne. Et t’en as gardé des séquelles à vie ! Xavier Conneries ! oui ! Agnès En tout cas… moi, j’ai uneexplication. Xavier Conneries je te dis … Bon, parlonspeu, mais parlons bien ! Nous sommes vendredi ; ce soir nous couchonsà Arcachon, chez mes parents… Agnès J’espère qu’ils n’auront pas oublié delaisser les clefs de la voiture ! Xavier T’inquiète pas…(Xavier réfléchit) Jesuis sûr que ma mère va me donner un chèque… S’ils me donnent autant quel’année dernière, je pourrais payer largement l’assurance de ma moto et manouvelle Hi-fi … Il se frotte lesmains. … J’espère que le chiffre sera à lahausse ! Agnès (Silence désapprobateur et regard noir surson mari) Xavier Ces quelques jours de sport d’hivernous ont coûté les yeux de la tête… Agnès Tu vas pas me reprocher encore unefois, de m’avoir acheté une paire de lunettes ?! … Xavier Justement … Si tu n’avais pas oubliéles tiennes, t’aurais pu éviter de les acheter à la Mongie ! Agnès Si tu prenais comme moi le Tram, tun’aurais pas besoin de prier le bon Dieu pour que tes parents te fassent unchèque pour payer tes lubies… Xavier Pardon ! Je prie pas le bon Dieu.Je prie à la rigueur mes parents ! … D’ailleurs heureusement que mesparents nous donnent de l’argent ! EUX ! Sinon, je me demande comment onferait sans ça !? Agnès Comme si on avait besoin de l’argentde tes parents … Xavier Oh ! c’est sûr, … on se passetrès bien de celui des tiens ! On n’en voit jamais la couleur ! Agnès D’ailleurs, en particulier, l’argentde ta mère me coûte trop cher ! Xavier Ma mère en particulier ?! Dans lefond, tu peux pas la blairer ! Mon père, au contraire, a toutes lesqualités, LUI ! Agnès C’est vrai que je m’entends bien avecton père. Xavier Tu aurais dû l’épouser LUI, plutôt quemoi ! … Que veux-tu dire, par l’argent de « ma mère enparticulier » ?! Agnès Si tout le monde sait pas qu’elle nousdonnent de l’argent, c’est pas de safaute … Xavier Que veux-tu dire avec tessous-entendus ? Agnès Elle le crie suffisamment sous tousles toits ! Et puis, chaque fois, il faut que je lui détaille tout ce queje me suis acheté avec son pognon… Et merci Françoise-Roberte pour ceci ;merci Françoise-Roberte pour cela! … Et ***** à la fin ! À force,c’est humiliant ! Xavier Mais non, c’est normal …Agnès, machérie, on va pas se fâcher pour si peu ! Agnès Oui t’as raison ! Ça vaut pas lecoup ! Xavier À la bonne heure !Bon, …nous disions, samedi soir on fête mon anniversaire ; bonsang ! Trente cinq ans ! J’en reviens pas ! … Ouais !…C’est sûr que tes chers parents ne se distingueront pas, pour une fois, à mefaire un chèque… Agnès C’est pour ton bien ! Ilstrouvent que tu as un rapport malsain avec l’argent ! Xavier Quelle connerie ! Ça vient de tamère, je parie. Elle peut pas me piffrer, celle-là ! J’ai un rapport malsain avec l’argent ?!… Moi ?!… Agnès Eh bien ! Oui ! Toi ! Xavier Mais dis-moi, c’est une raison pourqu’elle m’offre chaque fois son merdique « After shave » ? Agnès D’une année à l’autre, elle ne serappelle plus ! Voilà tout ! Xavier C’est pourquoi, faire un chèque c’estplus intelligent ! On peut acheter ce qu’on veut ! D’ailleurs c’est comme ta super-copineHélène… Agnès Ça m’aurait étonné que tu n’en parlespas ! Vas-y, je t’écoute ! Xavier Eh bien, je vais me retrouver comme d’habitude avec deux« after shave »… de quoi monter une boutique ! Agnès Si au moins tu les utilisais, tun’aurais pas besoin de monter une boutique ! Xavier Mais ils sont infects leurs aftershave … Et d’abord, je ne comprends pas pourquoi t’invites Hélène !Elle n’est pas de la famille ?! Je n’invite pas mes amis… moi ! Agnès Pour la bonne raison que tu n’as pasd’amis ! Hélène est seule, ça lui change les idées et ça me faitplaisir ! Xavier … Ton père, n’en parlons pas, il va mefourguer ces foutues bouteilles de son foutu château qui n’est qu’une foutuebâtisse. Agnès Ce n’est pas la bâtisse qui fait lechâteau mais la qualité du vin ! Combien de fois, devrais-je te l’expliquer ! Xavier Pourtant, ce n’est pas l’argent quilui manque. Il vend même aux japonais ! Agnès II l’a bien gagné sonfric !!!… Alors, il en fait cequ’il en veut ! Xavier Quel rat ! Oui ! Agnès Rat ?! J’en connais un quipourrait lui donner des leçons. Xavier Ah ! … J’oubliais, mon cherbeau-frère et ma belle-sœur ; le corps enseignant dans toute sa splendeur,la fabrique à crétins, oui ! Et ils se prennent en plus pour l’élite de lasociété… le nombril de la France. Et ils se prétendent socialistes ! … Moncul ! oui ! Agnès Ça y est c’est reparti… Xavier … Je te le dégraisserai moi, lemammouth ! Crois-moi… Avec eux, c’est sûr, je vais avoir droit à un livreque je lirai même pas ! D’ailleurs tous leurs livres, je vais les vendresur internet… et pourquoi pas leurs after shave pourris … et les bouteilles depinard ! Tout se vend sur internet ! Agnès Tu vas pas faire ça ?! Xavier Je vais me gêner ! Oui ! Agnès Je te rappelle que mon petit frères’est marié le jour de ta naissance. Xavier Et alors ?… Agnès Samedi soir, on ne fête pas seulementtes trente-cinq ans, mais également, les deux ans de mariage de Pierre-Edmondet Aline. Xavier Et alors ?.. Agnès Nous n’avons toujours rienacheté…! .. Ah ! Mais biensûr, que je suis bête,… tu as l’intention de leur faire un chèque, … c’est plusintelligent, …on achète ce qu’on veut… Xavier Euh ! … J’avais plutôt penséfaire un cadeau groupé, nous, Hélène. Tu vois… Ce serait sympa...non ? Agnès C’est pas possible ! Il n’en estpas question ! Xavier Ok, ça va … Samedi, tu achètes quelquechose au supermarché ; mais pas plus de trente euros ! Agnès Trente euros ?! Xavier T’es incroyable ! … Primo, jerenonce à mon idée ; Secondo, j’accepte la tienne et tu gueules…. Tu saisvraiment pas ce que tu veux ! Agnès (Tourne les pages dumagazine… photos d’embryon d’enfant dans le ventre de la mère) … Oh ! Oui ! Je sais ce queje veux … ... 29- INT – MATIN –APPARTEMENT DE PIERRE-EDMOND/ALINE-SALON – Aline, pousselégèrement les rideaux de la fenêtre du salon. En bas trois voitures. Desdrapeaux sortent des fenêtres. Concertde klaxons. Cris : « Allezles Girondins !… Allez les Girondins !… Pierre-Edmond apparaît. Illève les yeux vers leur appartement. Il est triste de ne pas voir sa femme.Aline laisse revenir le rideau, elle a mal, très mal. Elle regarde à travers,les yeux embués de larmes. Les supporters Allez-monte ! Qu’est-ce que tuattends ?… Pierre-Edmond monteà la droite du conducteur. Les trois voitures démarrent et disparaissent aucoin de la rue. Aline est effondrée. Elle passe devant le secrétaire. Aperçoitle calendrier journalier ; vois la date, déchire la feuille, qu’elle jetteviolemment à terre. Elle se laisse tomber sur le fauteuil. Sanglote. 30- EXT – JOUR –RUE – Xavier sort de sonappartement, file droit vers sa moto, l’enfourche, démarre et disparaît au coinde la rue. 31- EXT – JOUR –AUTOROUTE – Les trois voituresse dépassent à grande vitesse chacune à leur tour. À leurs fenêtres, lessupporters se provoquent… La voiture de Pierre-Edmond est sur la gaucheessayant de dépasser l’autre. Soudain, au tournant apparaît une voiture enface… C’est le choc !!!
ACTE 2 : PENDANT l’EFM32- EXT – JOUR –AUTOROUTE – Xavier roule surl’autoroute. Tournant. Une tache d’huile sur le bitume. La moto zigzague, sejette sur la barrière de protection, y rebondit. Retraverse la chaussée.Percute l’autre barrière de protection. Xavier est violemment projeté ets’écrase dans le contre-bas sur un petit mur. Il reste étendu… Xavier (OFF) J’ai mal partout !…! Ma tête… matête ! Elle va éclater ! J’ai froid… très froid… Je vais crever…c’est sûr ! Un automobiliste s’arrête. Sort de lavoiture. Il se penche sur lui. L’automobiliste Monsieur ! monsieur ! Vousm’entendez ? Vous m’entendez ? Aucune réaction. Illui prend la main. L’automobiliste Monsieur, serrez-moi la main… Aucune réaction. L’automobiliste prend son portable appelle des secours. Xavier C’est drôle,… je me sens bien, j’aichaud… Incroyable, j’ai plus mal !? Son corps se dédouble et un autre Xavier plus éthéréapparaît. L’automobiliste couvre le corps de Xavier d’une couverture. Xavieraperçoit sa moto toute déchiquetée… Xavier Oh ma moto, dire qu’elle était touteneuve ! Mais qui est ce type étendu sur la route ? Il s’approche de son corps inanimé étendu au sol. Il esteffrayé. Xavier Mon Dieu ! Mais c’est moi !…Je suis mort alors !… C’est ça mourir ?!… D’autres voitures s’arrêtent sur les côtés … Petitattroupement. Des gens passent au travers de Xavier qui essaie de se manifesterà eux. En vain… Xavier Ecoutez-moi… Tout va bien ! Jesuis là… Mais t’as pas compris t’es mort ! T’es mort ! Oh Agnès ! Maman ; Papa ! Une grande ambulance arrive. Deux secouristes dont unmédecin descendent. Ils enlèvent avec précaution le casque. Place une minerveautour du cou ; glisse le corps de Xavier sur un brancard. L’amènentrapidement dans le véhicule. Xavier suit. Au moment où il veut monter, lesecouriste claque les portes qui passent au travers de lui. Xavier essaied’ouvrir la porte arrière. Sa main passe à travers. La voiture démarre. Soudainil s’engouffre à l’intérieur. Départ en trombe. Retentissement de la sirène. 33- INT – JOUR –DANS L’AMBULANCE – Le corps de Xavier est sur la civière avec deux secouristesautour de lui. Xavier est au fond du véhicule, sa tête près du plafond. Ilobserve ce qui se passe. Un des secouristes fait le bouche-à-bouche. L’autremanifeste une grande inquiétude. Le premier secouriste Rien à faire ! On le perd !On le perd !… Le deuxième secouriste Vite les raquettes ! Il est 10heures 30. Le premier défait sa chemise. Branche des pastilles sur lapoitrine. Installe les électrodes sur le crâne… Le deuxième ( Tenant lesraquettes ) On y va ! Le corps se soulève brusquement ! Le premier Encéphalogramme plat…Il s’en va !Il s’en va ! Bon sang !!! Le second Je recommence ! Le premier Rien ! Rien ! Le second Encéphalogramme toujours plat !C’est fini. Le second recouvre le visage du corps de Xavier. Le second Pauvre gars ! Il était bien jeune… Xavier (Depuis sa position) Mais non, c’est pas fini ! Jesuis là ! Je suis là ! Bande d’abrutis !!! Le premier secouriste, tire une petite ouverture. Premier secouriste Tu peux arrêter la sirène ; Pas la peine de se presser. Le chauffeur Il est mort ?… Le premier secouriste Oui ! Le chauffeur Ah ***** ! Xavier (Depuis sa position) Mais non j’suis pas mort ! Pasmort ! Vous m’entendez ?! 34- INT- JOUR –URGENCES TRIPODE de PELLEGRIN- MORGUE - Le véhicule de secours arrive au Tripode de Pellegrin,service des urgences. La civière est amenée à l’intérieur. Xavier suit. Premier secouriste Nous lui avons fait unbouche-à-bouche ; deux défibrillateurs ; un EEG plat à 10h 31. Un médecin (S’adressant à uneinfirmière) Catherine, amenez-le au sous-sol. À10h 51, faire un nouvel encéphalogramme, pour contrôle. Si négatif, frigo.Appelez la famille ! L’infirmière pousse le brancard vers une pièce. Il y en aplusieurs disposés les uns à côté des autres. Catherine Bonjour, docteur Gerbaud :Accident de la route, bouche-à-bouche, deux fois défibrillateur,encéphalogramme plat à 10h 31. J’avertis la famille. Le visage de l’infirmière apparaît grossi. Puis son oreilledroite. Une boucle d’oreille en or se détache et tombe à terre, roule et vaatterrir, à l’intérieur du pied droit formant un angle, de la troisième armoireen partant du mur. Xavier, au plafond, de sa position privilégiée, a toutobservé. Docteur Gerbaud Ok ! Catherine, je m’en occupe… Catherine quitte la pièce. Xavier la suit, tantôt enmarchant, tantôt dans les airs en traversant, les portes, les murs. Les genspassent à travers lui… L’infirmière sort un papier et téléphone… L’horlogeindique 10h 50. Ecran noir. De nouveau l’horloge. Elle indique 11 heures 10. Le Docteur retire le drap, place des électrodes :L’encéphalogramme est plat… Docteur Gerbaud Pauvre gars ! Il traverse une pièce. Pousse une porte. C’est la morgue. Docteur Gerbaud André, je t’amène un nouveau ! André Laissez-le là ! Je dois faire dela place ! Je m’en occupe après ! Docteur Gerbaud Ok ! Il a tout son temps ! André va vers le corps. Ferme les yeux. Le recouvre d’undrap. Xavier dans son corps d’esprit a suivi toutes les opérations. 35- DANS LESNUAGES- PIERRE-EDMOND - Mr MARTINEZ Xavier traverse les plafonds, les murs. Il est au-dessus del’hôpital. Il est à la fois étonné et émerveillé par toutes les possibilitésque lui offre son nouveau corps. Ciel. Nuages. Tout est paix. Soudain Pierre-Edmondse tient devant lui. Xavier est surpris. Xavier Pierre-Edmond, que fais-tu ici ? Pierre-Edmond Comme toi, je suis mort physiquement,mais vivant par l’esprit ! Xavier Que t’es-t-il arrivé ? Pierre-Edmond Accident de voiture. Xavier Et moi accident de moto. Pierre-Edmond Je sais. Tu dois transmettre unmessage à Aline ! Xavier Comment ça ? Pierre-Edmond Tu dois revenir. Pas moi ! Xavier Je comprends pas !… Pierre-Edmond Tu comprendras… Dis à Aline qu’elle mepardonne, que je l’aime, que je l’ai toujours aimé ; que je l’aimeraitoujours.Dis-lui qu’elle estbelle ! Qu’elle est jeune ! Qu’elle doit refaire sa vie ! Avoirles enfants que je ne lui ai pas donné. Dis-lui que j’avais un cadeau pourelle. Il se trouve dans le secrétaire, au troisième tiroir gauche sous nosphotos. Adieu beau-frère !… Xavier Pierre-Edmond… non !attend ! me laisse pas seul !… Pierre-Edmond disparaît. À sa place, apparaît MonsieurMartinez. Xavier Monsieur Martinez, vous êtes mort,vous aussi ! Monsieur Martinez Oui, mon gars ; cettenuit j’ai passé l’arme à gauche ! Xavier C’est incroyable. Je vous ai reconnu…,… mais vous êtes jeune, la trentaine… Monsieur Martinez Ouais, l’âge où j’étais le plus enforme… Trois ans avant mon accident ! Xavier … Et vous avez votre jambe ! Monsieur Martinez Ouais ! C’est formidable ! Xavier C’est incroyable ! Monsieur Martinez J’ai un service à te demander ! Xavier Pas de problème MonsieurMartinez ! Monsieur Martinez Voilà, Lucien… Monsieur Bardeau, va merejoindre le 12 avril. Tu sais qu’il ne peut pas se passer de jouer aux échecs.En attendant, fais, chaque jour, une partie avec lui ! Xavier Je le ferai, monsieur Martinez. Jevous le promets. Monsieur Martinez Sois très gentil avec lui. C’est monami. Sois bon avec les autres aussi. Xavier Oui, monsieur, je serai bon… avec toutle monde… Monsieur Martinez C’est bien Xavier… C’est bien. Tuverras, c’est bon d’être bon. Xavier Les vivants ne me voient pas, ne meparlent pas. Monsieur Martinez, vous allez pas partir, vous aussi ?!… Monsieur Martinez Tu peux pas venir là où je vais… c’estpas ton heure, mon gars ! Monsieur Martinez disparaît. Xavier se retrouve à nouveauseul. 36- DANS LE TUNNEL – La LUMIERE - ETRE DE LUMIERE On entend un bruit strident et obsédant comme une sonnerie,mais beaucoup plus sourd. L’obscurité soudainement l’entoure. Il estirrémédiablement aspiré comme dans un magma ténébreux. Il avance couché, latête légèrement levée, les pieds en avant. La vitesse est considérable. Il esttranquille, serein, en sécurité. À distance Xavier devine d’autres personnesqui voyagent avec lui. Xavier (OFF) Je ne suis pas tout seul ! Monpère me parlait « de la vallée de l’ombre de la mort »… Ce doit êtreici ! Ah papa, c’est toi qui avais raison ! Ton fils est uncon ! C’est pas terrible mourir ! Ce qui est terrible c’est de laisser ce qu’on a si mal aimé !Réaliser tout ce qu’on a raté ! Au fond apparaît une lueur. Grâce à cette clarté diffuse,Xavier se rend compte qu’il est dans un immense tunnel. La vitesse augmente aufur et à mesure que la Lumière au fond du tunnel grandit. Xavier (OFF) Moi qui avait si peur des tunnels, jeme sens bien ! C’est incroyable ! Elle serait surprise Agnès !!! La lumière devient de plus en plus éclatante sans cependantl’éblouir. Il relève la tête pour mieux voir. Il la contemple avecémerveillement. Apparaît tout au fond, la silhouette d’un homme dont laluminosité est encore plus intense que la lumière. Grand ralentissement. Xavierarrive à proximité de l’Être de lumière et se retrouve debout devant lui. 37- DANS MONDEdes ESPRITS - L’ETRE de LUMIERE - COMITE d’ACCUEIL Xavier est baigné d’une merveilleuse lumière équivalente àmille soleils. Pourtant cette lumière est douce et supportable à ses yeux. Ilse rend compte combien la lumière du personnage lumineux est encore plusforte ; mais également immédiatement autour de sa personne. Il se met àgenoux. Xavier Mon Dieu ! L’être de lumière rit de bon cœur. L’être de lumière Relève-toi. Je ne suis pas Dieu ! Xavier obéit. Il se relève. Xavier Alors tu es le Seigneur Jésus-Christdont me parlait si souvent mon père ? L’être de lumière Non ! Xavier Alors qui es-tu ? L’être de lumière Je suis un serviteur ; Si tupréfères un ange envoyé par Dieu dans ce monde. Mon nom est Gabriel. Je suis venu t’accueillir et t’enseigner.Bienvenu mon frère ! L’être de lumière tend ses bras à Xavier. Quelques mètresles séparent. Xavier s’avance d’abord timidement en hésitant. L’être de lumièrelui sourit avec beaucoup d’amour. Xavier s’enhardit, il avance de plus en plusrésolument et se précipite finalement dans ses bras. Xavier ressent unechaleur, un amour une force tels que la lumière de l’être le remplittotalement. Il devient pendant l’instant de fusion aussi lumineux que lui. Ilsse séparent. Gabriel Regarde ! Xavier voit un merveilleux paysage multicolore. Desmontagnes au loin, une ville dorée, des champs, des fleurs, des animaux detoutes espèces, certains qu’il n’a jamais vu sur terre. Le tout baigné d’uneclarté irréelle. Xavier J’ai l’impression de retrouver monpremier foyer ! Gabriel Ce n’est pas notre premierfoyer ; mais notre troisième demeure. Xavier Veux-tu m’expliquer ? Gabriel Plus tard ! Je t’ai préparé uncomité d’accueil. Regarde !… Apparaissent alors des personnages habillés de tuniquesd’une blancheur éclatante. Ils sont diaphanes, mais loin d’être aussi lumineuxque l’être de lumière dont l’aspect est tangible. Ils s’approchent de Xavier,qui écarquille les yeux … Xavier Grand-père, grand-mère !!! Les grands-parents Xavier, mon petit… Ils s’élancent les uns vers les autres, s’étreignent,s’embrassent fous de joie. Un homme regarde Xavier en souriant. À son tourXavier le regarde… Xavier Non c’est pas possible ! André,mon camarade du Lycée… Effusion de joie… André Tu m’as reconnu ?! Xavier Oui ! J’ai retrouvé testraits ! Mais quand tu es parti, tu avais quinze ans et te voilàadulte !!! André Ici nous sommes tous adultes… Xavier va vers d’autres personnes … Nouvelles retrouvailles,nouvelles effusions de joie… Les parents, les amis, les connaissances disparaissent. De nouveau Xavier se retrouve seul devant l’être de lumière. Xavier Dis-moi, j’ai reconnu mesgrand-parents, mon ami André, d’autres parents et c’est fantastique. Mais… Gabriel Parle, je t’écoute ! Xavier Voilà… je suis intrigué, il m’a sembléreconnaître des hommes et des femmes que je n’ai jamais vus sur terre etpourtant, je les ai reconnus, comme si je les avais connus, depuis toujours,avant de venir sur terre … Gabriel Oui, Xavier, depuis des éternités…n’est-ce pas ? Xavier C’est exactement ça ! Veux-tum’expliquer ? Gabriel Plus tard ! Plus tard. 38 – DANS MONDEdes ESPRITS - PANORAMA de la VIE – Gabriel (Avec beaucoupd’amour) Xavier ; qu’as-tu fait de tavie ? Xavier ( Il est paniqué…) … Gabriel Regarde et vois. Apparaît à l’écran la vie de Xavier depuis qu’il était toutpetit, année après année ; jusqu’à l’accident de moto. Xavier Gabriel, je crois comprendre le sensdes mots « enfer » et « paradis ». Gabriel Qu’as-tu compris ? Xavier J’ai ressenti les conséquences de tousmes actes, paroles et pensées. Lorsque je faisais le mal, j’ai vécu, la peineet la douleur que je faisais à ceux que j’avais offensés ou mal traités.Lorsque je faisais du bien, j’ai ressenti la joie, le bonheur que je leur avaisapportés. Gabriel Quel est ton bilan ? Xavier J’ai vécu à la fois l’enfer et leparadis. J’ai peur car j’ai ressenti beaucoup la douleur et peu la joie. Jevoudrais tellement réparer le mal que j’ai fait. Gabriel C’est bien. Les trois questions clé de la vie sont : D’où venons-nous ?Quel est notre but sur cette terre ? Où allons-nous après la mort. Tuconnais la réponse à la troisième question. Xavier Oui, je sais maintenant, qu’après lavie, il y a toujours la vie. Je me rends compte, combien papa avait raison…Mais je t’en prie éclaire-moi davantage. Gabriel Le monde après la vie sur terres’appelle le monde des esprits ou encore le monde des désincarnés quiattendent la résurrection. Lorsque nous mourrons, notre corps de chair et d’osretourne à la poussière, notre corps d’esprit va dans ce monde. Xavier Le monde des esprits, est-ce leparadis ou l’enfer ? Gabriel Ce monde reçoit les esprits des bonscomme ceux des méchants. Les bons vont dans un endroit appelé paradis et lesméchants dans un autre appelé enfer. Xavier Sur terre, on me parlait d’un enfer oud’un paradis où les bons étaient séparés des méchants ?! Gabriel Dans le monde des esprits, le paradiset l’enfer se créent naturellement à divers degrés, selon la justice oul’injustice des gens qui s’assemblent selon leur ressemblance. Les parties,selon leurs degrés, les plus lumineuses s’appelle paradis ; Les plussombres, selon leurs degrés, enfer. Xavier Que fait-on après la mort dans lemonde des esprits ? Gabriel Dans ce monde, les esprits communiquent,se mêlent les uns aux autres, selon leurs affinités et ont toutes sortesd’activités. Dans le monde des esprits, tout comme sur la terre ou dans lapréexistence, nous travaillons à notre salut. Dans chaque sphère, touteprogression ou régression est possible selon le libre-arbitre et les efforts dechacun. Xavier André est parti adolescent, je l’airetrouvé adulte et je n’ai vu aucun enfant… Gabriel Dans ce monde, tous les esprits ontune forme d’adulte, tout comme dans la vie prémortelle. En conséquence, mêmeceux qui mourront dans leur tendre enfance retrouveront, leur corps d’espritadulte. Xavier Je comprends maintenant les parolesd’André ! Tu me dis que le monde des esprits est notre troisième demeureou foyer. Je conclus donc que notre deuxième demeure est la terre. Nous aurionsdonc connu une première demeure ? Gabriel Oui. Allons-y pour que tu vois.
Tags : Livres religion mort Evangile Jesus Christ foi redemption Catégorie : ! Nouveaux livres Expériences de mort approchée, Sciences et Mormonisme5/1/2009 NOUVEAU LIVRE 
RESUME EXPERIENCES AUX FRONTIERES DE LA MORTSCIENCE et MORMONISME En 1974 le livre du livre du Docteur Moody « La vie après la vie », fit connaître les Near Death Experience (NDE) ou Expériences de Mort Imminentes (EMI) ou encore Expériences aux frontières de la mort (EFM). Ces expériences se produisent généralement lors d’arrêts cardiaques et de comas. L’expérienceur avec beaucoup de ferveur et d’émotion raconte : - Avoir ressentit tout d’abord un grand bien-être. - Avoir quitter son corps pour l’observer ensuite d’un point de vue élevé. - S’être déplacer dans un tunnel en direction d’une lumière. - D’avoir communiqué avec la Lumière ou un Être de lumière. - D’avoir rencontré des entités spirituelles ou des personnes décédées parents ou amis. - D’avoir eu des visions paradisiaques et quelquefois avoir reçue une grande connaissance ensuite oubliée. - D’avoir été mis en présence d’une frontière à ne pas dépasser. - D’avoir réintégrer leur corps. - D’avoir été à jamais marqué et transformé positivement tout au long de leur vie Ce livre traite avec simplicité et clarté des EFMs dans l’histoire séculière et dans les Ecritures saintes. Elle fait le point actuel de la position de la science « scientiste » et d’une autre plus ouverte. Comme celle de Sam Parnia, médecin à l'hôpital général de Southampton (Grande-Bretagne), à la fois, spécialiste en médecine interne, en maladies des voies respiratoires et représentant de la recherche clinique : « Ces résultats tendent à prouver que la conscience peut survivre en cas de mort cérébrale. À ses yeux, ces récits pourraient être la preuve de l'existence d'une "conscience" indépendante des fonctions cervicales. Ces preuves suggèrent que l'esprit ou la conscience sont sans doute séparés du cerveau et que le cerveau agit comme un intermédiaire qui exprime la pensée plutôt qu'il ne la produit. » Ce livre expose les réponses qu’apporte l’Eglise de Jésus-Christ des Saints de Derniers Jours plus connue sous le nom d’Eglise Mormone à la question : « Qu’est la mort ? » et « Où allons-nous après la mort ? » ; mais aussi à deux autres questions qui sont intimement liées : D’où venons-nous ? Quel est notre but sur cette terre ? Les E.M.A ou Expériences de Mort Approchées, se produisent généralement lors d’arrêts cardiaques et de comas. L’expérienceur avec beaucoup de ferveur et d’émotion raconte son extraordinaire voyage aux portes de l’Au-delà. Ce livre traite avec simplicité et clarté des EFMs dans l’histoire séculière et dans les Ecritures saintes. Elle fait le point actuel de la position de la science. Il expose les réponses qu’apporte l’Eglise de Jésus-Christ des Saints de Derniers Jours plus connue sous le nom d’Eglise Mormone à la question : « Qu’est la mort ? » et « Où allons-nous après la mort ? » ; mais aussi à deux autres questions qui sont intimement liées : D’où venons-nous ? Quel est notre but sur cette terre ? +++Je commande ce livre+++ Tags : mormonisme livres mort evangile Dieu religion Catégorie : ! Nouveaux livres Retour de l'Au-Delà à Burdigala27/3/2009 ROMAN : Retour de l'Au-delà à Burdigala APRES LE SCENARIO VOICI LE ROMAN !!!
PRESENTATION
C’est l’histoire de Xavier, un être possessif, jaloux,calculateur, avare, lâche,égocentrique, sans ambition, hypocrite, menteur, méchant … Agnès sa femme estjolie, gentille et intelligente. On se demande comment, elle peut rester aveclui. Personne ne l’aurait voulu pour ami et il n’a aucun ami ; aucun père pour fils, même pas son proprepère ; aucune mère, sauf la sienne qui l’idolâtre aveuglément. Une seulefois dans sa vie, sur son fils, elle ne se trompera pas ; le jour où elle diralors d’un repas familial : « Vous verrez, bientôt mon Xavier vous montrera ce dont il estcapable ! » Xavier aura un accident de moto,déclaré mort, il reviendra à la vie après avoir vécu une extraordinaireexpérience aux frontières de la mort. Après son retour sur terre, il montreraeffectivement ce dont il était capable. Il révélera ce qu’il y avait au fond delui-même ; en définitive, si nous cherchons bien, ce que nous avons tous…
EXTRAIT Retour à la vieL’horloge de la morgue indique 16h 30. Devant une grande table en fer, sur le brancard, apparaît le corps de Xavier recouvert d’un linceul blanc. André, l’employé de la morgue, de dos, entre les deux, fait du rangement. Soudain, le corps d’esprit de Xavier descend du plafond puis pénètre le drap qui se soulève comme sous l’effet d’un léger électrochoc. André, toujours de dos, n’a rien vu, ni rien entendu. Le corps physique, à travers le linge, semble légèrement se trémousser, alors que la voix de Xavier murmure : _ Mon Dieu, je suis, à nouveau, dans mon corps physique. C’est comme enfiler la main dans un gant mouillé et froid et ensuite l’ajuster doigt après doigt. Comme c’est désagréable. Ça y est ! Tout à l’air d’être en place. J’ai mal partout ! Ma tête, ma tête ! Je ne sens plus mon bras gauche, je ne peux le bouger ! Le droit, ça va ; je remue les doigts. Comme j’étais bien dans mon corps d’esprit, je ne ressentais aucune douleur, j’étais libre de tous mes mouvements. Par la pensée, je pouvais aller où je voulais. Mon Dieu, que c’est dur de revenir ! Son bras droit retombe le long du drap et sa main apparaît pendante. André se retourne et va du côté droit du brancard par rapport au corps de Xavier. Il le regarde : _ Mon pauvre vieux, t’en fais pas, je vais te faire beau, pour ta famille. Tu vas m’en dira des nouvelles ! Tu sais ici on en voit de toutes les couleurs… Depuis le temps qu’il travaille à la morgue, il a pris l’habitude de parler avec les morts. Avec eux, il se trouve en bonne compagnie. On peut tout leur dire : ils restent discrets. Au moins, ils vous écoutent ; ne vous coupent pas la parole à tout instant comme le font les vivants. La main de Xavier se lève lentement à quelques millimètres de la cuisse d’André qui découvre lentement le drap. Xavier tient les yeux grand ouverts. L’employé est étonné. Il se souvient parfaitement les avoir lui-même fermés. Le mort ouvre et ferme la bouche sans pouvoir proférer de son : Un peu comme un poisson rouge dans son bocal. Au même moment, sa main agrippe la cuisse de l’infirmier. Il pousse un cri de panique. Se projette à un pas en arrière. Reste pétrifié la bouche bée, les yeux exorbités. Après s’être resaisi, il s’écrie : _ C’est un revenant ! Il aperçoit les doigts bouger : _ C’est pas possible ! Il se calme à nouveau, va vers Xavier. Met sa tête sur sa poitrine. Place sa main à son cou. _ Il est bien vivant !? Il n’hésite plus. Il pousse à toute vitesse le brancard dans le couloir. Ouvre brusquement la porte du bureau. Le docteur Gerbaud consulte des dossiers. Il crie : _ Docteur, il est revenu à la vie ! C’est pas une blague ! Le docteur lève la tête : _ Qu’est-ce que tu me racontes !? _ Voyez ! Il se rend à l’évidence en constatant le cillement des yeux et les doigts de la main droite remuer. _ C’est pas vrai ! Vite, vite ! André se remet à pousser à toute allure le brancard, suivi du docteur, tout en criant : _ Poussez-vous devant. Il est ressuscité, il est ressuscité des morts !… *** Xavier dans une chambre d’hôpital, sur un lit, un bandage autour la tête, le bras gauche en écharpe, le droit supportant un goutte-à-goutte, réfléchit essayant de faire le point. Avant l’opération, il a subi divers examens : scanner cérébral, IRM. Grâce au casque, aucune plaie du cuir chevelu : Juste une légère fracture due au choc, avec un léger hématome au cerveau et pour en finir un bras cassé qui se ressoude incroyablement vite. Les examens passés avec différents praticiens, prouvèrent que la motricité des membres reste entière, la vision nullement altérée, le raisonnement clair. Quelques maux de tête légers mais pas de troubles de la parole ni du comportement. Le fait, qu’après un coma de plus de six heures, la mémoire reste parfaitement intacte, stupéfie les docteurs. Au cours des entretiens, il révéla uniquement les souvenirs « normaux » pas les « autres ». Comment auraient-ils pu le croire ? Ils l’auraient pris pour un fou ! D’ailleurs, lui-même n’y aurait pas cru. Maintenant, seul dans sa chambre, il se sent bien. Il se cale plus confortablement dans son lit. Enfin il va pouvoir méditer à sa fabuleuse expérience et aux conséquences dans sa vie future. Il espère ne pas être dérangé. Il revoit chaque scène, séquence par séquence, comme dans un film. D’abord l’accident, la sortie de son corps, l’attente de l’ambulance sur l’asphalte. Il revit la panique qui l’envahit lorsque qu’il réalise qu’il est mort. Puis, Il ressent cette merveilleuse liberté qu’il possédait dans son corps d’esprit, cet extraordinaire bien-être. Il se rappelle le moment de solitude et de terreur éprouvés lorsqu’il se rend compte qu’un être désincarné ne peut plus communiquer avec les incarnés, ni par la parole, ni par le toucher. Il se dit que la mort, n’existe pas ; elle n’a de sens que dans ce monde terrestre. Quel que soit notre état, incarné ou désincarné nous sommes toujours vivant. On passe d’un état à un autre. Voilà tout ! Il se revoit, accompagnant son corps inanimé, là-haut dans l’ambulance, entre les deux infirmiers, reposant sur leurs épaules et ils ne s’en rendaient pas compte. Bien sûr, un corps d’esprit ne pèse pas ou si peu ! Le bouche-à-bouche, les deux électrochocs. L’arrivée en trombe à l’hôpital ; les deux électro-encéphalogrammes sinistrement plats. La morgue. La traversée des murs, des plafonds, de toute matière et la rencontre avec Pierre-Edmond dans les nuages. Quel drôle de destin ! Avoir le même jour un accident mortel Il pense tristement à Aline. Il entend la promesse faite à son mari. Des larmes coulent sur ses joues. Comment va-t-il s’y prendre pour lui annoncer une telle nouvelle ? Comment réagira-t-elle ? Elle ne le croira pas ! Elle va le prendre pour fou ! Maintenant, il revoit Monsieur Martinez, avec ses deux jambes et rajeuni jusqu’à la trentaine ! Combien il était heureux ! Bizarrement, tout ce que son père lui enseignait lui revient par flashs en mémoire et il se rappelle une parole de Jésus : _ Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne. Il comprend combien ces paroles sont littérales. Le corps physique peut subir tous les sévices que la cruauté humaine est capable d’inventer ; Il peut souffrir toutes les mutilations dues aux vicissitudes de la vie. Quoiqu’il puisse lui arriver, il retrouvera après cette vie et à la résurrection toute son intégralité. Par contre le corps d’esprit restera altéré par les mauvaises pensées, paroles et actes que nous emporterons irrémédiablement avec nous. Alors une grande nostalgie s’empare de lui. Il regrette d’être revenu. La pensée de revoir bientôt sa femme, son père, sa mère ne l’enthousiasme plus. Il se trouve écartelé entre deux mondes, par un désir puissant de repartir là-bas et un autre non moins impérieux de rester sur terre. Il sait qu’il a une mission à accomplir dans ce monde. Il se remémore le voyage si apaisant dans le tunnel. Il se rappelle son ancienne psychose. Il se revoit dans le Tarbes-Bordeaux, complètement paniqué après le passage du tunnel. Suite à son voyage dans l’au-delà, il se sait guéri de cette peur. Il compte d’ailleurs en faire l’expérience pour se le prouver. Il parcourt les scènes vécues avec Gabriel et son cœur bat plus fort, ses yeux se remplissent de larmes. Combien l’Ange, avec sa paix, sa lumière, son amour, son humour lui manque. Que ne donnerait-il pas pour être avec lui ! Les images du « comité d’accueil », comme l’annonça Gabriel, défilent sans son esprit. Avec émotion, il revoit ses grands-parents. Il ressent dans son dos, sur ses épaules leur douce étreinte, sur son visage leurs tendres baisers. Il se souvient combien il aimait ses grand-parents côté paternel et des bons moments vécus avec eux. Il se rappelle quel couple formidable, ils formaient tous les deux. Ils vivaient l’un pour l’autre. Jamais il n’assista à une dispute entre eux. Une complicité, une complémentarité, un amour total les unissaient. Il se disait que lorsqu’il sera plus grand, il trouvera une femme comme sa grand-mère et qu’il fera tout pour ressembler à son grand-père. Sa grand-mère mourut d’un cancer, son grand-père inconsolable, se laissa dépérir de chagrin. Au bout d’un an, il partit à son tour le laissant désespéré. Il se rappelle qu’il en voulait beaucoup à son père qui, lors de la mort de ses propres parents, resta impassible comme s’il ne se sentait pas concerné. Son attitude par moments avait quelque chose d’inhumain ! Il s’imaginait que s’il mourait avant lui, il n’éprouverait aucune peine. Pourtant à cette période combien il lui était attaché. Mais à ce moment-là, il ne pouvait pas supporter que lui pleurait, que tout le monde pleurait, même sa mère et pas lui, son propre père, le fils de son grand-père ! Lors des deux enterrements, il revoit son paternel blanc comme un linge, le visage tiré, la mâchoire crispée, lui serrer très fort la main. Quand son regard croisait le sien, il lui souriait. Ce sourire était étrange, il voulait dire beaucoup de choses. Il détestait ce sourire. Aujourd’hui, sur ce lit d’hôpital, vingt et un ans après, il sait ce qu’il voulait lui signifier ; il entend : _ Pour moi ça va ; mais toi fiston, ne sois pas triste. Papy et Mamy sont toujours vivants ; même si tu ne les vois pas ; ils sont tout près de nous, ensembles et heureux ; ils sont tristes de nous voir tristes. Souviens-toi, je t’ai expliqué tout cela. Un jour tu les reverras ; ce sera merveilleux ! _ Tu avais raison papa, c’est ce que j’ai vécu, ce que je vivrais, avec encore plus d’intensité quand ce sera le grand départ dans l’autre vie. Pardonne-moi ! Puis il pense à André, son ami d’enfance. Il le connut au lycée, deux ans après le décès de son grand-père. Il était bien spécial tout le monde l’aimait parce qu’il aimait tout le monde. Il était l’ami de tous et lui Xavier était fier d’être celui avec qui André partageait le plus son temps. C’était un garçon de paix. Lorsqu’il y avait des conflits au lycée ou lors de sorties entre copains, il réconciliait tout le monde avec gentillesse et humour. Son cœur se met à battre encore plus fort. Il se remémore, cette terrible année, juste avant la rentrée des classes, quand il apprit qu’André, en vacances dans les Iles avec ses parents, s’était noyé. Depuis la mort de son grand-père, les relations avec son père s’étaient détériorées. Alors il reporta tout sur son ami. Avant les funérailles, son père cherchait à lui parler car il se rendait compte de son désespoir, mais il l’évitait ; trouvait toujours des prétextes pour échapper à tout entretien. Il n’avait que faire, de ses sermons sur le bon Dieu. Ce fut le troisième enterrement auquel, il assistait. Il se plaça le plus loin possible de son père. Il n’eut aucun mal car tous les amis d’André, marchaient devant le cercueil, juste derrière les parents et la famille ; après tout le monde suivait. À cause de la mort de son ami, jamais il n’en voulut autant à son père et à son Dieu. À son père de lui avoir inculqué tant de bêtises et à Dieu de ne pas avoir sauvé son ami de la noyade, comme il sauva son père de la baïne. Comment Dieu, s’il était Dieu pouvait-il prendre la vie d’un être aussi formidable que son ami ? Comment osait-il le faire partir dans des conditions aussi terribles ? Avait-il pensé à la souffrance de ses parents ? De ses amis ? À la sienne ? Sa grand-mère et son grand-père, ce n’était pas suffisant ? Il fallait qu’il lui prenne son ami ? Son frère ? Il ressassait tristement ces pensées, lorsque le curé commença son discours. Il présenta André et vanta ses merveilleuses qualités. Portrait plein de justesse, mais bien loin de la réalité ; André était bien plus que cela ! Le mot « était », qu’il venait de prononcer, le glaça. Il en parlait au passé. Il réalisait qu’il admettait que son ami n’était plus ! Qu’il ne le reverrait plus jamais… De grosses larmes coulaient sur ses joues. Pierre, un de ses camarades passa discrètement son bras autour de ses épaules. Il cherchait son regard pour le réconforter. En vain ! Xavier fixait obstinément le sol, comme s’il refusait de regarder ou chercher du secours vers le haut ; le Très-Haut, comme disait quelquefois son père, en nommant Dieu. Maintenant le curé parlait de Jésus-Christ et de la résurrection. Il voulait partir ; crier que toutes ces paroles sont des histoires de père Noël pour adultes ! Qu’il n’y a pas de Dieu, pas de Résurrection ; Qu’il n’y a que la mort, la séparation, le néant et que son ami était voué définitivement à la poussière où nous retournerons tous. En cela la Bible avait raison ! Ces images s’estompent. Il revoit André, resplendissant de lumière dans sa tunique blanche. Quel bonheur de le retrouver, de l’embrasser, de le reconnaître même devenu adulte dans le monde des esprits. Il se rappelle ses paroles : _ Ici nous sommes tous adultes… Je sais pourquoi je suis parti si jeune. Je te le répète, c’est ce qui pouvait m’arriver de meilleur !… Un jour nous en parlerons et tu sauras. Il ne lui avait pas dit qu’elle était cette meilleure chose. Il l’acceptait avec foi. Il attendra, voilà tout ! Il repense à son père. Il admire sa foi. Dire qu’il la tournait en dérision. Il réalise combien la foi de son papa est simple, grande et profonde : Comme l’éternité ! Il se réjouit et remercie Dieu d’avoir, lui aussi, reçu ce merveilleux don… *** Deux médecins entrent. On peut lire sur leurs badges : Docteurs Salignac pour le plus âgé et docteur Delpech pour le plus jeune. _ Bonjour, Monsieur Férot, comment ça va ? Demande le docteur Salignac très paternel. _ Très bien ! Merci ! _ Figurez-vous, reprend-il, qu’on se pose beaucoup de questions à votre sujet. Suite à votre accident de moto, vous avez subi coup sur coup, un bouche-à-bouche à 10h 30 ; sans résultat. Deux défibrillations idem. Deux encéphalogrammes plats à vingt minutes d’intervalle. Vous étiez considéré mort et pourtant vous avez donné signe de vie vers 16 h 30 et Dieu merci, nous avons pu intervenir. _ Oui, je sais, dit Xavier. _ Vous savez ? dit le docteur Delpech qui ne cesse de l’observer. _ Oui ! Mais c’est pas évident. _ C’est pas évident ? _ C’est difficile à croire, répond Xavier mal à l’aise. _ Je vous en prie, ça m’intéresse ! Il perçoit ce docteur sincère. Bien que son confrère ne l’inspire pas. Il répond toujours méfiant : _ Vous êtes sûr ? Le docteur Delpech prend un air grave et hoche affirmativement la tête. _ Je vous avertis, si on me racontait ce que je vais vous dire, moi-même je n’y croirai pas. Il l’encourage du regard. Xavier se décide. _ Alors voilà… Il relate partiellement son expérience aux frontières de la mort. Avec tristesse, il se rend compte qu’un voile d’oubli est tombé sur beaucoup d’épisodes vécus. À la fin du récit, le Docteur Delpech semble touché ; son confrère sceptique. Avec condescendance, il déclare : _ Il y a une explication logique à tout ça. Posons le problème sachant que la pensée réside dans le cerveau. Sans cet organe, il n’y a pas de conscience, pas de survie de l’être après la mort. Tout phénomène « bizarre » peut s’expliquer rationnellement par des mécanismes chimiques, physiologiques, psychologiques ou neurologiques. Xavier réalise qu’il vient de se faire piéger. Il aurait dû se taire. Heureusement qu’il a occulté les faits les plus incroyables de son voyage. La colère monte en lui ; Il n’est pas question qu’on le prenne pour un menteur ou un illuminé : _ Rien n’était « bizarre », tout était réel ! Le Docteur poursuit sans écouter, trop content de sortir sa « science » : _ Ce qu’on pourrait appeler une sortie hors du corps, serait en fait une hallucination autoscopique. _ C’est quoi une « hallucination autoscopique » ? Le savant docteur continue de se gonfler : _ C’est un trouble psychiatrique assez rare. Au cours duquel le malade perçoit une image visuelle de son visage ou de la partie supérieure du buste, projetée à quelques dizaines de centimètres devant lui. _ Trouble psychiatrique ?! Hallucinations ! Je peux vous certifier qu’il ne s’agit en aucun cas d’hallucinations et que jusqu’à preuve du contraire, je n’ai souffert d’aucun trouble psychiatrique. Je vous parle de réalités ! J’ai des souvenirs d’avant mon accident et depuis mon enfance. Je peux vous témoigner que ce que j’ai vécu est bien plus réel. _ Vous n’êtes pas dépressif, épileptique ou schizophrène ? demande le docteur Delpech. Xavier le regarde avec étonnement : _ Mais non ! Absolument pas ! Jusqu’à preuve du contraire ! Docteur Delpech se retourne vers son collègue : _ Donc ton hypothèse d’hallucination autoscopique est à rejeter. Xavier rassuré comprend que le Docteur Delpech est de son côté. _ Monsieur Férot a bien dit, à plusieurs reprises : « Jusqu’à preuve du contraire », précise le docteur Salignac qui reprend aussitôt : _ Parlons du tunnel. Dans des cas extrêmement rares où la vie se trouve en danger, le cerveau reproduit la réminiscence de l’expérience de la naissance. Vous savez que… _ Je sais ! Figurez-vous que j’avais la phobie des tunnels. C’est idiot, mais c’est comme ça ! Ma femme dernièrement m’expliquait cette peur par ce passage dans l’utérus, comme d’un tunnel noir. Ça n’a rien à voir ! Dans ce tunnel, j’étais, bien, comme jamais je ne l’ai été. Mieux, je ne l’ai pas expérimenté, mais je sais que je suis guéri de cette phobie grâce à mon expérience dans l’Au-delà ! _ Hum ! Alors, on pourrait dire que vous avez vécu, ce qu’on pourrait appeler « L’accomplissement imaginaire du désir ou attentes psychologique ». _ C’est quoi ça, encore ?! Le praticien se boursoufle d’aise à nouveau : _ Cette théorie voudrait que lorsque survient la mort ou une forme de mort, le cerveau transforme cette finalité par la mise en scène d’un voyage apaisant. On pourrait dire, pour simplifier, que le cerveau chercherait à nous faire prendre nos désirs pour des réalités. _ C’est une théorie. Moi j’ai vécu des faits ! Ce n’est pas pareil ! _ Tenez, je parie que vous êtes croyant ; Dieu avec une grande barbe sur un nuage, le petit Jésus, la sainte vierge. N’est-ce-pas ? Bref, vous avez vu ce qui était conforme à votre croyance. _ Vous avez tout faux docteur. J’étais à cent pour cent athée ! _ Et maintenant Monsieur Férot, croyez-vous en Dieu ? demande le docteur Delpech. _ Oui, à mille pour cent. _ …Cette attente psychologique, provoque des rêves, des hallucinations, insiste le docteur Salignac. _ Des hallucinations ! Mais c’est maintenant que j’hallucine d’entendre pareilles choses ! Et croyez-moi, je m’efforce d’être poli ! Docteur Delpech, pose sa main sur le bras de Xavier, tout en s’adressant à son confrère : _ Jean-Marc, n’oublie pas que les EGG étaient plats ; or tu sais qu’il ne peut rien se passer dans un cerveau sans activité électrique : les rêves et encore plus les hallucinations apparaissent lors de la lecture d’un électro-encéphalogramme. _ Toutes ces descriptions fantastiques me font dire que vous avez vécu, ce qu’on pourrait appeler : Le « déni de la réalité », explique l’incorrigible praticien. _ Autrement dit ? interroge le malade. _ Le « déni de la réalité », ou le refus d'accepter l’évidence d'un événement traumatique, ferait de notre cerveau, le réalisateur d’un scénario sous forme de fantasmes, qui serait un mécanisme de défense contre la réalité toute proche de la mort à venir. _ Excusez-moi docteur ; votre explication est encore « bidon ». _ Nous avons vu plusieurs causes psychologiques ou psychiatriques possibles ; voyons les causes pharmacologiques. Quels médicaments prenez-vous habituellement ? répond le docteur piqué au vif. _ Aucun ! _ Ah bon ?! Alors, je pense à l’anesthésie. L’élévation de la pression de l’anhydride carbonique peut provoquer des visions. Il arrive que ce phénomène se déclenche par l’utilisation des anesthésiques lors de l’opération. _ Le rapport indique que les anesthésiques ont été utilisés convenablement. Par conséquent nous savons qu’ils n’ont alors aucun effet spécifique sur le taux d’anhydride carbonique, précise le docteur Delpech. _ Docteur, vous découpez mon expérience comme un saucisson et à chaque tranche, vous essayez de donner une explication. C’est comme si vous essaieriez de m’expliquer l’homme en me parlant uniquement de son estomac, ou de son oreille gauche. Rappelez-vous, je suis sorti de mon corps, avant d’être aspiré dans le tunnel. Je peux vous décrire chaque personne qui s’est occupée de moi alors que mon corps physique était inerte sur le sol, jusqu’au moment où il fut déposé à la morgue. Je pourrai même vous décrire mon opération dans ses moindres détails. Qui m’a opéré, combien il y avait de personnes. Les conversations que j’ai entendues. Tout vous m’entendez ! Tout ! _ Vous pourriez décrire votre opération dans les moindres détails ? Qui vous a opéré ? Combien il y avait de personnes ? Les conversations que vous avez entendues ?! répète le docteur Delpech. _ Oui ! absolument ! Docteur Salignac fatigue de lutter en vain. En plus, il voit bien que son confrère penche du côté du malade et cela l’agace d’autant plus. _ Allons donc !… De toute manière, nous n’avons plus le temps. Nous reviendrons quand vous serez calmé. _ Jean-Marc, attends, s’il te plait ! Monsieur Férot, « Dr Gerbaud », ça vous dit quelque chose ? demande le docteur Delpech. _ Bien sûr ! C’est lui qui m’a fait les encéphalogrammes, conduit à la morgue et confié à un certain André. Vous voulez peut-être que je vous le décrive ? _ Oui ! _ Environ trente-cinq ans, un mètre soixante-quinze, blond, légère calvitie. Sur son bureau, je vois la photo de sa femme, ses deux enfants : une fille et un garçon et leur chien ; un caniche blanc. Ah il a une légère cicatrice au menton. _ C’est tout à fait exact ! constate le docteur Delpech. _ Je n’ai pas remarqué qu’il a une cicatrice au menton ! fait l’autre en haussant les épaules. _ Vous pariez ?! _ Non, je ne parie jamais et je dois partir ! En tout cas je vous conseille de voir un psychiatre ! Le Docteur Salignac quitte la pièce, l’autre reste. _ J’aurai besoin d’un PSY ?! demande Xavier. _ Monsieur Férot, vous n’avez pas besoin d’un PSY. Vous avez vécu une grande expérience spirituelle. C’est entre vous et Dieu... *** _ Bonjour, Monsieur Férot, comment ça va ce matin ? C’est Catherine. L’infirmière qui perdit sa boucle d’oreille. _ Bien ! _ Vous savez que vous faites la « une » dans tout l’hôpital ? On vous appelle le "ressuscité" de la 213. _ Ah bon ! L’infirmière accomplit son travail : vérification du goutte-à-goutte, prise de la température. Elle s’apprête à lui prendre la tension. Il la trouve sympathique et gentille. Elle lui rappelle un peu Agnès. Elle porte d’autres boucles d’oreilles. Comme s’il lisait dans ses pensées, il lui dit : _ Ne soyez plus triste pour les boucles d’oreille offertes par votre mari ; celle que vous avez perdue, vous la trouverez dans la pièce à côté du bureau du docteur Gerbaud, à l’intérieur du pied droit formant un angle, côté mur, de la troisième armoire. Elle sursaute ; le regarde comme s’il s’agissait d’un extra-terrestre : _ Mais comment savez-vous cela ? _ Je l’ai vue tomber de votre oreille. _ Vous l’avez vue tomber, QUAND ?! _ Quand vous m’avez transporté, au service du docteur Gerbaud. _ Quand je vous ai transporté ?! Mais vous étiez…Euh ! Physiquement, tout va bien, Monsieur Férot, bafouille-t-elle. Elle quitte la pièce à reculons, en continuant à le regarder « bizarrement ». Se retourne. Ouvre la porte et sort en la claquant. De nouveau seul, il peste contre lui-même : _ Ouais ! Physiquement, tout va bien, Monsieur Férot ; Mais mentalement, c’est une autre affaire, Monsieur Férot ! Moi qui voulais l’aider, voilà qu’elle me prend pour un dingue ! Je ferai mieux de la fermer définitivement à l’avenir ! Catherine se retrouve dans le couloir, complètement bouleversée. Elle marque un temps d’arrêt. Semble réfléchir : _ Allons-donc, c’est impossible ! Elle poursuit son chemin… De nouveau elle s’arrête. Brusquement elle repart en sens inverse. Prend l’ascenseur. Arrive au bureau du Docteur Gerbaud. Frappe à la porte. Entre sans attendre de réponse. _ Qu’y a-t-il Catherine ? Elle regarde droit devant elle, sans lui porter attention : _ Vous permettez… Elle pénètre dans la pièce d’à côté. Le docteur surpris la suit. Sans s’en rendre compte, elle parle à haute voix : _ Voyons : Troisième armoire à partir de la porte. 1, 2, 3. Voilà ; Maintenant ; Intérieur pied droit côté mur ; À l’intérieur de l’angle. Elle se baisse. Tâte le sol. Retire sa boucle d’oreille ! Elle la tient dans sa main, la regarde complètement fascinée. Derrière elle, le Docteur s’inquiète : _ Vous êtes sûre que ça va !?… ***
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EXPERIENCES AUX FRONTIERES DE LA MORT
8/4/2009
NOUVEAU LIVRE 
RESUME EXPERIENCES AUX FRONTIERES DE LA MORTSCIENCE et MORMONISME En 1974 le livre du livre du Docteur Moody « La vie après la vie », fit connaître les Near Death Experience (NDE) ou Expériences de Mort Imminentes (EMI) ou encore Expériences aux frontières de la mort (EFM). Ces expériences se produisent généralement lors d’arrêts cardiaques et de comas. L’expérienceur avec beaucoup de ferveur et d’émotion raconte : - Avoir ressentit tout d’abord un grand bien-être. - Avoir quitter son corps pour l’observer ensuite d’un point de vue élevé. - S’être déplacer dans un tunnel en direction d’une lumière. - D’avoir communiqué avec la Lumière ou un Être de lumière. - D’avoir rencontré des entités spirituelles ou des personnes décédées parents ou amis. - D’avoir eu des visions paradisiaques et quelquefois avoir reçue une grande connaissance ensuite oubliée. - D’avoir été mis en présence d’une frontière à ne pas dépasser. - D’avoir réintégrer leur corps. - D’avoir été à jamais marqué et transformé positivement tout au long de leur vie Ce livre traite avec simplicité et clarté des EFMs dans l’histoire séculière et dans les Ecritures saintes. Elle fait le point actuel de la position de la science « scientiste » et d’une autre plus ouverte. Comme celle de Sam Parnia, médecin à l'hôpital général de Southampton (Grande-Bretagne), à la fois, spécialiste en médecine interne, en maladies des voies respiratoires et représentant de la recherche clinique : « Ces résultats tendent à prouver que la conscience peut survivre en cas de mort cérébrale. À ses yeux, ces récits pourraient être la preuve de l'existence d'une "conscience" indépendante des fonctions cervicales. Ces preuves suggèrent que l'esprit ou la conscience sont sans doute séparés du cerveau et que le cerveau agit comme un intermédiaire qui exprime la pensée plutôt qu'il ne la produit. » Ce livre expose les réponses qu’apporte l’Eglise de Jésus-Christ des Saints de Derniers Jours plus connue sous le nom d’Eglise Mormone à la question : « Qu’est la mort ? » et « Où allons-nous après la mort ? » ; mais aussi à deux autres questions qui sont intimement liées : D’où venons-nous ? Quel est notre but sur cette terre ? Les E.M.A ou Expériences de Mort Approchées, se produisent généralement lors d’arrêts cardiaques et de comas. L’expérienceur avec beaucoup de ferveur et d’émotion raconte son extraordinaire voyage aux portes de l’Au-delà. Ce livre traite avec simplicité et clarté des EFMs dans l’histoire séculière et dans les Ecritures saintes. Elle fait le point actuel de la position de la science. Il expose les réponses qu’apporte l’Eglise de Jésus-Christ des Saints de Derniers Jours plus connue sous le nom d’Eglise Mormone à la question : « Qu’est la mort ? » et « Où allons-nous après la mort ? » ; mais aussi à deux autres questions qui sont intimement liées : D’où venons-nous ? Quel est notre but sur cette terre ? +++Je commande ce livre+++
Tags : FRONTIERES EXPERIENCES MORT
Catégorie : a13/Nouveaux livres
ROMAN : Retour de l'Au-delà à Burdigala
8/4/2009
ROMAN : Retour de l'Au-delà à Burdigala APRES LE SCENARIO VOICI LE ROMAN !!!
PRESENTATION
C’est l’histoire de Xavier, un être possessif, jaloux,calculateur, avare, lâche,égocentrique, sans ambition, hypocrite, menteur, méchant … Agnès sa femme estjolie, gentille et intelligente. On se demande comment, elle peut rester aveclui. Personne ne l’aurait voulu pour ami et il n’a aucun ami ; aucun père pour fils, même pas son proprepère ; aucune mère, sauf la sienne qui l’idolâtre aveuglément. Une seulefois dans sa vie, sur son fils, elle ne se trompera pas ; le jour où elle diralors d’un repas familial : « Vous verrez, bientôt mon Xavier vous montrera ce dont il estcapable ! » Xavier aura un accident de moto,déclaré mort, il reviendra à la vie après avoir vécu une extraordinaireexpérience aux frontières de la mort. Après son retour sur terre, il montreraeffectivement ce dont il était capable. Il révélera ce qu’il y avait au fond delui-même ; en définitive, si nous cherchons bien, ce que nous avons tous…
EXTRAIT Retour à la vieL’horloge de la morgue indique 16h 30. Devant une grande table en fer, sur le brancard, apparaît le corps de Xavier recouvert d’un linceul blanc. André, l’employé de la morgue, de dos, entre les deux, fait du rangement. Soudain, le corps d’esprit de Xavier descend du plafond puis pénètre le drap qui se soulève comme sous l’effet d’un léger électrochoc. André, toujours de dos, n’a rien vu, ni rien entendu. Le corps physique, à travers le linge, semble légèrement se trémousser, alors que la voix de Xavier murmure : _ Mon Dieu, je suis, à nouveau, dans mon corps physique. C’est comme enfiler la main dans un gant mouillé et froid et ensuite l’ajuster doigt après doigt. Comme c’est désagréable. Ça y est ! Tout à l’air d’être en place. J’ai mal partout ! Ma tête, ma tête ! Je ne sens plus mon bras gauche, je ne peux le bouger ! Le droit, ça va ; je remue les doigts. Comme j’étais bien dans mon corps d’esprit, je ne ressentais aucune douleur, j’étais libre de tous mes mouvements. Par la pensée, je pouvais aller où je voulais. Mon Dieu, que c’est dur de revenir ! Son bras droit retombe le long du drap et sa main apparaît pendante. André se retourne et va du côté droit du brancard par rapport au corps de Xavier. Il le regarde : _ Mon pauvre vieux, t’en fais pas, je vais te faire beau, pour ta famille. Tu vas m’en dira des nouvelles ! Tu sais ici on en voit de toutes les couleurs… Depuis le temps qu’il travaille à la morgue, il a pris l’habitude de parler avec les morts. Avec eux, il se trouve en bonne compagnie. On peut tout leur dire : ils restent discrets. Au moins, ils vous écoutent ; ne vous coupent pas la parole à tout instant comme le font les vivants. La main de Xavier se lève lentement à quelques millimètres de la cuisse d’André qui découvre lentement le drap. Xavier tient les yeux grand ouverts. L’employé est étonné. Il se souvient parfaitement les avoir lui-même fermés. Le mort ouvre et ferme la bouche sans pouvoir proférer de son : Un peu comme un poisson rouge dans son bocal. Au même moment, sa main agrippe la cuisse de l’infirmier. Il pousse un cri de panique. Se projette à un pas en arrière. Reste pétrifié la bouche bée, les yeux exorbités. Après s’être resaisi, il s’écrie : _ C’est un revenant ! Il aperçoit les doigts bouger : _ C’est pas possible ! Il se calme à nouveau, va vers Xavier. Met sa tête sur sa poitrine. Place sa main à son cou. _ Il est bien vivant !? Il n’hésite plus. Il pousse à toute vitesse le brancard dans le couloir. Ouvre brusquement la porte du bureau. Le docteur Gerbaud consulte des dossiers. Il crie : _ Docteur, il est revenu à la vie ! C’est pas une blague ! Le docteur lève la tête : _ Qu’est-ce que tu me racontes !? _ Voyez ! Il se rend à l’évidence en constatant le cillement des yeux et les doigts de la main droite remuer. _ C’est pas vrai ! Vite, vite ! André se remet à pousser à toute allure le brancard, suivi du docteur, tout en criant : _ Poussez-vous devant. Il est ressuscité, il est ressuscité des morts !… *** Xavier dans une chambre d’hôpital, sur un lit, un bandage autour la tête, le bras gauche en écharpe, le droit supportant un goutte-à-goutte, réfléchit essayant de faire le point. Avant l’opération, il a subi divers examens : scanner cérébral, IRM. Grâce au casque, aucune plaie du cuir chevelu : Juste une légère fracture due au choc, avec un léger hématome au cerveau et pour en finir un bras cassé qui se ressoude incroyablement vite. Les examens passés avec différents praticiens, prouvèrent que la motricité des membres reste entière, la vision nullement altérée, le raisonnement clair. Quelques maux de tête légers mais pas de troubles de la parole ni du comportement. Le fait, qu’après un coma de plus de six heures, la mémoire reste parfaitement intacte, stupéfie les docteurs. Au cours des entretiens, il révéla uniquement les souvenirs « normaux » pas les « autres ». Comment auraient-ils pu le croire ? Ils l’auraient pris pour un fou ! D’ailleurs, lui-même n’y aurait pas cru. Maintenant, seul dans sa chambre, il se sent bien. Il se cale plus confortablement dans son lit. Enfin il va pouvoir méditer à sa fabuleuse expérience et aux conséquences dans sa vie future. Il espère ne pas être dérangé. Il revoit chaque scène, séquence par séquence, comme dans un film. D’abord l’accident, la sortie de son corps, l’attente de l’ambulance sur l’asphalte. Il revit la panique qui l’envahit lorsque qu’il réalise qu’il est mort. Puis, Il ressent cette merveilleuse liberté qu’il possédait dans son corps d’esprit, cet extraordinaire bien-être. Il se rappelle le moment de solitude et de terreur éprouvés lorsqu’il se rend compte qu’un être désincarné ne peut plus communiquer avec les incarnés, ni par la parole, ni par le toucher. Il se dit que la mort, n’existe pas ; elle n’a de sens que dans ce monde terrestre. Quel que soit notre état, incarné ou désincarné nous sommes toujours vivant. On passe d’un état à un autre. Voilà tout ! Il se revoit, accompagnant son corps inanimé, là-haut dans l’ambulance, entre les deux infirmiers, reposant sur leurs épaules et ils ne s’en rendaient pas compte. Bien sûr, un corps d’esprit ne pèse pas ou si peu ! Le bouche-à-bouche, les deux électrochocs. L’arrivée en trombe à l’hôpital ; les deux électro-encéphalogrammes sinistrement plats. La morgue. La traversée des murs, des plafonds, de toute matière et la rencontre avec Pierre-Edmond dans les nuages. Quel drôle de destin ! Avoir le même jour un accident mortel Il pense tristement à Aline. Il entend la promesse faite à son mari. Des larmes coulent sur ses joues. Comment va-t-il s’y prendre pour lui annoncer une telle nouvelle ? Comment réagira-t-elle ? Elle ne le croira pas ! Elle va le prendre pour fou ! Maintenant, il revoit Monsieur Martinez, avec ses deux jambes et rajeuni jusqu’à la trentaine ! Combien il était heureux ! Bizarrement, tout ce que son père lui enseignait lui revient par flashs en mémoire et il se rappelle une parole de Jésus : _ Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne. Il comprend combien ces paroles sont littérales. Le corps physique peut subir tous les sévices que la cruauté humaine est capable d’inventer ; Il peut souffrir toutes les mutilations dues aux vicissitudes de la vie. Quoiqu’il puisse lui arriver, il retrouvera après cette vie et à la résurrection toute son intégralité. Par contre le corps d’esprit restera altéré par les mauvaises pensées, paroles et actes que nous emporterons irrémédiablement avec nous. Alors une grande nostalgie s’empare de lui. Il regrette d’être revenu. La pensée de revoir bientôt sa femme, son père, sa mère ne l’enthousiasme plus. Il se trouve écartelé entre deux mondes, par un désir puissant de repartir là-bas et un autre non moins impérieux de rester sur terre. Il sait qu’il a une mission à accomplir dans ce monde. Il se remémore le voyage si apaisant dans le tunnel. Il se rappelle son ancienne psychose. Il se revoit dans le Tarbes-Bordeaux, complètement paniqué après le passage du tunnel. Suite à son voyage dans l’au-delà, il se sait guéri de cette peur. Il compte d’ailleurs en faire l’expérience pour se le prouver. Il parcourt les scènes vécues avec Gabriel et son cœur bat plus fort, ses yeux se remplissent de larmes. Combien l’Ange, avec sa paix, sa lumière, son amour, son humour lui manque. Que ne donnerait-il pas pour être avec lui ! Les images du « comité d’accueil », comme l’annonça Gabriel, défilent sans son esprit. Avec émotion, il revoit ses grands-parents. Il ressent dans son dos, sur ses épaules leur douce étreinte, sur son visage leurs tendres baisers. Il se souvient combien il aimait ses grand-parents côté paternel et des bons moments vécus avec eux. Il se rappelle quel couple formidable, ils formaient tous les deux. Ils vivaient l’un pour l’autre. Jamais il n’assista à une dispute entre eux. Une complicité, une complémentarité, un amour total les unissaient. Il se disait que lorsqu’il sera plus grand, il trouvera une femme comme sa grand-mère et qu’il fera tout pour ressembler à son grand-père. Sa grand-mère mourut d’un cancer, son grand-père inconsolable, se laissa dépérir de chagrin. Au bout d’un an, il partit à son tour le laissant désespéré. Il se rappelle qu’il en voulait beaucoup à son père qui, lors de la mort de ses propres parents, resta impassible comme s’il ne se sentait pas concerné. Son attitude par moments avait quelque chose d’inhumain ! Il s’imaginait que s’il mourait avant lui, il n’éprouverait aucune peine. Pourtant à cette période combien il lui était attaché. Mais à ce moment-là, il ne pouvait pas supporter que lui pleurait, que tout le monde pleurait, même sa mère et pas lui, son propre père, le fils de son grand-père ! Lors des deux enterrements, il revoit son paternel blanc comme un linge, le visage tiré, la mâchoire crispée, lui serrer très fort la main. Quand son regard croisait le sien, il lui souriait. Ce sourire était étrange, il voulait dire beaucoup de choses. Il détestait ce sourire. Aujourd’hui, sur ce lit d’hôpital, vingt et un ans après, il sait ce qu’il voulait lui signifier ; il entend : _ Pour moi ça va ; mais toi fiston, ne sois pas triste. Papy et Mamy sont toujours vivants ; même si tu ne les vois pas ; ils sont tout près de nous, ensembles et heureux ; ils sont tristes de nous voir tristes. Souviens-toi, je t’ai expliqué tout cela. Un jour tu les reverras ; ce sera merveilleux ! _ Tu avais raison papa, c’est ce que j’ai vécu, ce que je vivrais, avec encore plus d’intensité quand ce sera le grand départ dans l’autre vie. Pardonne-moi ! Puis il pense à André, son ami d’enfance. Il le connut au lycée, deux ans après le décès de son grand-père. Il était bien spécial tout le monde l’aimait parce qu’il aimait tout le monde. Il était l’ami de tous et lui Xavier était fier d’être celui avec qui André partageait le plus son temps. C’était un garçon de paix. Lorsqu’il y avait des conflits au lycée ou lors de sorties entre copains, il réconciliait tout le monde avec gentillesse et humour. Son cœur se met à battre encore plus fort. Il se remémore, cette terrible année, juste avant la rentrée des classes, quand il apprit qu’André, en vacances dans les Iles avec ses parents, s’était noyé. Depuis la mort de son grand-père, les relations avec son père s’étaient détériorées. Alors il reporta tout sur son ami. Avant les funérailles, son père cherchait à lui parler car il se rendait compte de son désespoir, mais il l’évitait ; trouvait toujours des prétextes pour échapper à tout entretien. Il n’avait que faire, de ses sermons sur le bon Dieu. Ce fut le troisième enterrement auquel, il assistait. Il se plaça le plus loin possible de son père. Il n’eut aucun mal car tous les amis d’André, marchaient devant le cercueil, juste derrière les parents et la famille ; après tout le monde suivait. À cause de la mort de son ami, jamais il n’en voulut autant à son père et à son Dieu. À son père de lui avoir inculqué tant de bêtises et à Dieu de ne pas avoir sauvé son ami de la noyade, comme il sauva son père de la baïne. Comment Dieu, s’il était Dieu pouvait-il prendre la vie d’un être aussi formidable que son ami ? Comment osait-il le faire partir dans des conditions aussi terribles ? Avait-il pensé à la souffrance de ses parents ? De ses amis ? À la sienne ? Sa grand-mère et son grand-père, ce n’était pas suffisant ? Il fallait qu’il lui prenne son ami ? Son frère ? Il ressassait tristement ces pensées, lorsque le curé commença son discours. Il présenta André et vanta ses merveilleuses qualités. Portrait plein de justesse, mais bien loin de la réalité ; André était bien plus que cela ! Le mot « était », qu’il venait de prononcer, le glaça. Il en parlait au passé. Il réalisait qu’il admettait que son ami n’était plus ! Qu’il ne le reverrait plus jamais… De grosses larmes coulaient sur ses joues. Pierre, un de ses camarades passa discrètement son bras autour de ses épaules. Il cherchait son regard pour le réconforter. En vain ! Xavier fixait obstinément le sol, comme s’il refusait de regarder ou chercher du secours vers le haut ; le Très-Haut, comme disait quelquefois son père, en nommant Dieu. Maintenant le curé parlait de Jésus-Christ et de la résurrection. Il voulait partir ; crier que toutes ces paroles sont des histoires de père Noël pour adultes ! Qu’il n’y a pas de Dieu, pas de Résurrection ; Qu’il n’y a que la mort, la séparation, le néant et que son ami était voué définitivement à la poussière où nous retournerons tous. En cela la Bible avait raison ! Ces images s’estompent. Il revoit André, resplendissant de lumière dans sa tunique blanche. Quel bonheur de le retrouver, de l’embrasser, de le reconnaître même devenu adulte dans le monde des esprits. Il se rappelle ses paroles : _ Ici nous sommes tous adultes… Je sais pourquoi je suis parti si jeune. Je te le répète, c’est ce qui pouvait m’arriver de meilleur !… Un jour nous en parlerons et tu sauras. Il ne lui avait pas dit qu’elle était cette meilleure chose. Il l’acceptait avec foi. Il attendra, voilà tout ! Il repense à son père. Il admire sa foi. Dire qu’il la tournait en dérision. Il réalise combien la foi de son papa est simple, grande et profonde : Comme l’éternité ! Il se réjouit et remercie Dieu d’avoir, lui aussi, reçu ce merveilleux don… *** Deux médecins entrent. On peut lire sur leurs badges : Docteurs Salignac pour le plus âgé et docteur Delpech pour le plus jeune. _ Bonjour, Monsieur Férot, comment ça va ? Demande le docteur Salignac très paternel. _ Très bien ! Merci ! _ Figurez-vous, reprend-il, qu’on se pose beaucoup de questions à votre sujet. Suite à votre accident de moto, vous avez subi coup sur coup, un bouche-à-bouche à 10h 30 ; sans résultat. Deux défibrillations idem. Deux encéphalogrammes plats à vingt minutes d’intervalle. Vous étiez considéré mort et pourtant vous avez donné signe de vie vers 16 h 30 et Dieu merci, nous avons pu intervenir. _ Oui, je sais, dit Xavier. _ Vous savez ? dit le docteur Delpech qui ne cesse de l’observer. _ Oui ! Mais c’est pas évident. _ C’est pas évident ? _ C’est difficile à croire, répond Xavier mal à l’aise. _ Je vous en prie, ça m’intéresse ! Il perçoit ce docteur sincère. Bien que son confrère ne l’inspire pas. Il répond toujours méfiant : _ Vous êtes sûr ? Le docteur Delpech prend un air grave et hoche affirmativement la tête. _ Je vous avertis, si on me racontait ce que je vais vous dire, moi-même je n’y croirai pas. Il l’encourage du regard. Xavier se décide. _ Alors voilà… Il relate partiellement son expérience aux frontières de la mort. Avec tristesse, il se rend compte qu’un voile d’oubli est tombé sur beaucoup d’épisodes vécus. À la fin du récit, le Docteur Delpech semble touché ; son confrère sceptique. Avec condescendance, il déclare : _ Il y a une explication logique à tout ça. Posons le problème sachant que la pensée réside dans le cerveau. Sans cet organe, il n’y a pas de conscience, pas de survie de l’être après la mort. Tout phénomène « bizarre » peut s’expliquer rationnellement par des mécanismes chimiques, physiologiques, psychologiques ou neurologiques. Xavier réalise qu’il vient de se faire piéger. Il aurait dû se taire. Heureusement qu’il a occulté les faits les plus incroyables de son voyage. La colère monte en lui ; Il n’est pas question qu’on le prenne pour un menteur ou un illuminé : _ Rien n’était « bizarre », tout était réel ! Le Docteur poursuit sans écouter, trop content de sortir sa « science » : _ Ce qu’on pourrait appeler une sortie hors du corps, serait en fait une hallucination autoscopique. _ C’est quoi une « hallucination autoscopique » ? Le savant docteur continue de se gonfler : _ C’est un trouble psychiatrique assez rare. Au cours duquel le malade perçoit une image visuelle de son visage ou de la partie supérieure du buste, projetée à quelques dizaines de centimètres devant lui. _ Trouble psychiatrique ?! Hallucinations ! Je peux vous certifier qu’il ne s’agit en aucun cas d’hallucinations et que jusqu’à preuve du contraire, je n’ai souffert d’aucun trouble psychiatrique. Je vous parle de réalités ! J’ai des souvenirs d’avant mon accident et depuis mon enfance. Je peux vous témoigner que ce que j’ai vécu est bien plus réel. _ Vous n’êtes pas dépressif, épileptique ou schizophrène ? demande le docteur Delpech. Xavier le regarde avec étonnement : _ Mais non ! Absolument pas ! Jusqu’à preuve du contraire ! Docteur Delpech se retourne vers son collègue : _ Donc ton hypothèse d’hallucination autoscopique est à rejeter. Xavier rassuré comprend que le Docteur Delpech est de son côté. _ Monsieur Férot a bien dit, à plusieurs reprises : « Jusqu’à preuve du contraire », précise le docteur Salignac qui reprend aussitôt : _ Parlons du tunnel. Dans des cas extrêmement rares où la vie se trouve en danger, le cerveau reproduit la réminiscence de l’expérience de la naissance. Vous savez que… _ Je sais ! Figurez-vous que j’avais la phobie des tunnels. C’est idiot, mais c’est comme ça ! Ma femme dernièrement m’expliquait cette peur par ce passage dans l’utérus, comme d’un tunnel noir. Ça n’a rien à voir ! Dans ce tunnel, j’étais, bien, comme jamais je ne l’ai été. Mieux, je ne l’ai pas expérimenté, mais je sais que je suis guéri de cette phobie grâce à mon expérience dans l’Au-delà ! _ Hum ! Alors, on pourrait dire que vous avez vécu, ce qu’on pourrait appeler « L’accomplissement imaginaire du désir ou attentes psychologique ». _ C’est quoi ça, encore ?! Le praticien se boursoufle d’aise à nouveau : _ Cette théorie voudrait que lorsque survient la mort ou une forme de mort, le cerveau transforme cette finalité par la mise en scène d’un voyage apaisant. On pourrait dire, pour simplifier, que le cerveau chercherait à nous faire prendre nos désirs pour des réalités. _ C’est une théorie. Moi j’ai vécu des faits ! Ce n’est pas pareil ! _ Tenez, je parie que vous êtes croyant ; Dieu avec une grande barbe sur un nuage, le petit Jésus, la sainte vierge. N’est-ce-pas ? Bref, vous avez vu ce qui était conforme à votre croyance. _ Vous avez tout faux docteur. J’étais à cent pour cent athée ! _ Et maintenant Monsieur Férot, croyez-vous en Dieu ? demande le docteur Delpech. _ Oui, à mille pour cent. _ …Cette attente psychologique, provoque des rêves, des hallucinations, insiste le docteur Salignac. _ Des hallucinations ! Mais c’est maintenant que j’hallucine d’entendre pareilles choses ! Et croyez-moi, je m’efforce d’être poli ! Docteur Delpech, pose sa main sur le bras de Xavier, tout en s’adressant à son confrère : _ Jean-Marc, n’oublie pas que les EGG étaient plats ; or tu sais qu’il ne peut rien se passer dans un cerveau sans activité électrique : les rêves et encore plus les hallucinations apparaissent lors de la lecture d’un électro-encéphalogramme. _ Toutes ces descriptions fantastiques me font dire que vous avez vécu, ce qu’on pourrait appeler : Le « déni de la réalité », explique l’incorrigible praticien. _ Autrement dit ? interroge le malade. _ Le « déni de la réalité », ou le refus d'accepter l’évidence d'un événement traumatique, ferait de notre cerveau, le réalisateur d’un scénario sous forme de fantasmes, qui serait un mécanisme de défense contre la réalité toute proche de la mort à venir. _ Excusez-moi docteur ; votre explication est encore « bidon ». _ Nous avons vu plusieurs causes psychologiques ou psychiatriques possibles ; voyons les causes pharmacologiques. Quels médicaments prenez-vous habituellement ? répond le docteur piqué au vif. _ Aucun ! _ Ah bon ?! Alors, je pense à l’anesthésie. L’élévation de la pression de l’anhydride carbonique peut provoquer des visions. Il arrive que ce phénomène se déclenche par l’utilisation des anesthésiques lors de l’opération. _ Le rapport indique que les anesthésiques ont été utilisés convenablement. Par conséquent nous savons qu’ils n’ont alors aucun effet spécifique sur le taux d’anhydride carbonique, précise le docteur Delpech. _ Docteur, vous découpez mon expérience comme un saucisson et à chaque tranche, vous essayez de donner une explication. C’est comme si vous essaieriez de m’expliquer l’homme en me parlant uniquement de son estomac, ou de son oreille gauche. Rappelez-vous, je suis sorti de mon corps, avant d’être aspiré dans le tunnel. Je peux vous décrire chaque personne qui s’est occupée de moi alors que mon corps physique était inerte sur le sol, jusqu’au moment où il fut déposé à la morgue. Je pourrai même vous décrire mon opération dans ses moindres détails. Qui m’a opéré, combien il y avait de personnes. Les conversations que j’ai entendues. Tout vous m’entendez ! Tout ! _ Vous pourriez décrire votre opération dans les moindres détails ? Qui vous a opéré ? Combien il y avait de personnes ? Les conversations que vous avez entendues ?! répète le docteur Delpech. _ Oui ! absolument ! Docteur Salignac fatigue de lutter en vain. En plus, il voit bien que son confrère penche du côté du malade et cela l’agace d’autant plus. _ Allons donc !… De toute manière, nous n’avons plus le temps. Nous reviendrons quand vous serez calmé. _ Jean-Marc, attends, s’il te plait ! Monsieur Férot, « Dr Gerbaud », ça vous dit quelque chose ? demande le docteur Delpech. _ Bien sûr ! C’est lui qui m’a fait les encéphalogrammes, conduit à la morgue et confié à un certain André. Vous voulez peut-être que je vous le décrive ? _ Oui ! _ Environ trente-cinq ans, un mètre soixante-quinze, blond, légère calvitie. Sur son bureau, je vois la photo de sa femme, ses deux enfants : une fille et un garçon et leur chien ; un caniche blanc. Ah il a une légère cicatrice au menton. _ C’est tout à fait exact ! constate le docteur Delpech. _ Je n’ai pas remarqué qu’il a une cicatrice au menton ! fait l’autre en haussant les épaules. _ Vous pariez ?! _ Non, je ne parie jamais et je dois partir ! En tout cas je vous conseille de voir un psychiatre ! Le Docteur Salignac quitte la pièce, l’autre reste. _ J’aurai besoin d’un PSY ?! demande Xavier. _ Monsieur Férot, vous n’avez pas besoin d’un PSY. Vous avez vécu une grande expérience spirituelle. C’est entre vous et Dieu... *** _ Bonjour, Monsieur Férot, comment ça va ce matin ? C’est Catherine. L’infirmière qui perdit sa boucle d’oreille. _ Bien ! _ Vous savez que vous faites la « une » dans tout l’hôpital ? On vous appelle le "ressuscité" de la 213. _ Ah bon ! L’infirmière accomplit son travail : vérification du goutte-à-goutte, prise de la température. Elle s’apprête à lui prendre la tension. Il la trouve sympathique et gentille. Elle lui rappelle un peu Agnès. Elle porte d’autres boucles d’oreilles. Comme s’il lisait dans ses pensées, il lui dit : _ Ne soyez plus triste pour les boucles d’oreille offertes par votre mari ; celle que vous avez perdue, vous la trouverez dans la pièce à côté du bureau du docteur Gerbaud, à l’intérieur du pied droit formant un angle, côté mur, de la troisième armoire. Elle sursaute ; le regarde comme s’il s’agissait d’un extra-terrestre : _ Mais comment savez-vous cela ? _ Je l’ai vue tomber de votre oreille. _ Vous l’avez vue tomber, QUAND ?! _ Quand vous m’avez transporté, au service du docteur Gerbaud. _ Quand je vous ai transporté ?! Mais vous étiez…Euh ! Physiquement, tout va bien, Monsieur Férot, bafouille-t-elle. Elle quitte la pièce à reculons, en continuant à le regarder « bizarrement ». Se retourne. Ouvre la porte et sort en la claquant. De nouveau seul, il peste contre lui-même : _ Ouais ! Physiquement, tout va bien, Monsieur Férot ; Mais mentalement, c’est une autre affaire, Monsieur Férot ! Moi qui voulais l’aider, voilà qu’elle me prend pour un dingue ! Je ferai mieux de la fermer définitivement à l’avenir ! Catherine se retrouve dans le couloir, complètement bouleversée. Elle marque un temps d’arrêt. Semble réfléchir : _ Allons-donc, c’est impossible ! Elle poursuit son chemin… De nouveau elle s’arrête. Brusquement elle repart en sens inverse. Prend l’ascenseur. Arrive au bureau du Docteur Gerbaud. Frappe à la porte. Entre sans attendre de réponse. _ Qu’y a-t-il Catherine ? Elle regarde droit devant elle, sans lui porter attention : _ Vous permettez… Elle pénètre dans la pièce d’à côté. Le docteur surpris la suit. Sans s’en rendre compte, elle parle à haute voix : _ Voyons : Troisième armoire à partir de la porte. 1, 2, 3. Voilà ; Maintenant ; Intérieur pied droit côté mur ; À l’intérieur de l’angle. Elle se baisse. Tâte le sol. Retire sa boucle d’oreille ! Elle la tient dans sa main, la regarde complètement fascinée. Derrière elle, le Docteur s’inquiète : _ Vous êtes sûre que ça va !?… ***
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